La naissance de l’Intelligence artificielle (IA)

La naissance de l’Intelligence artificielle (IA)

Depuis toujours, l’homme a cherché à réduire ses efforts et à améliorer sa productivité dans tous les domaines en se faisant aider de machines. La première invention marquante ayant pour beaucoup révolutionné l’humanité en ce sens était la roue, c’est-à-dire une reproduction mécanique du roulement. La première pièce d’un robot de bois en quelque sorte.

Les prémices de l’Intelligence Artificielle remonteraient à l’Antiquité, traversant le Moyen-Âge pour prendre d’autres formes au XXe siècle.

Aujourd’hui, l’IA se déploie partout et s’impose dans de nombreux domaines (jeux vidéo, automobile, aéronautique, conquête spatiale, techniques médicales, etc.).

Mais quelles sont les origines de l’IA ? A quelle époque remonte-elle ?

Antiquité et Moyen-âge

L’IA est née dans les mythes et les légendes antiques ainsi que dans les premières constructions humaines à qui les hommes ont donné des pouvoirs surnaturels.

Les mythes et légendes

A l’époque de la proto histoire, des êtres artificiels créés par des maîtres-artisans auraient possédé une intelligence ou une conscience.

A l’actif d’Héphaïstos, dans la Grèce antique, on pourrait citer les trépieds capables de se rendre par eux-mêmes à l’assemblée des dieux pour les servir d’une merveilleuse manière. Certaines sources lui accordent également la paternité des servantes d’or qui l’assistaient dans ses travaux. A ces inventions de génie s’ajoutent les portes de l’Olympe qui s’ouvraient toutes seules, ainsi que les soufflets de la forge qui semblaient travailler en autonomie sous le commandement d’Héphaïstos.

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On peut également citer le Golem dans la mythologie juive, un être artificiel façonné pour assister ou défendre son créateur.

Les automates doués de raison

Les plus anciens automates sont des statues sacrées qu’on retrouve dans l’ancienne Égypte et dans la Grèce antique. Les hommes étaient convaincus qu’elles étaient capables de raisonner et de montrer des émotions grâce à l’esprit que leur avaient communiqué leur créateur, c’est à dire les artisans. A ce propos, Hermès Trismégiste avait écrit que découvrir la vraie nature des dieux a permis à l’homme de les reproduire.

Les premières machines à calculer sont apparues dès l’Antiquité et ont été perfectionnées durant des siècles par de nombreux mathématiciens et ingénieurs.L’horloge automatique de Ctésibios, le cinéma de Héron d’Alexandrie ou le calculateur analogique d’Anticythère sont des réalisations ingénieuses et étonnantes pour leur époque, elles présageaient l’avènement de technologies capables d’assurer des fonctions humaines en toute autonomie.

Du Moyen-âge au XIXe siècle

Au Moyen Âge, l’idée qu’il était possible d’imprégner des esprits grâce à des pratiques mystiques ou des techniques alchimiques avait fait son chemin avec notamment le Takwin de Geber, les homoncules de Paracelse. Des ingénieurs et savants tels que HAl-Djazari (1136-1206), l’inventeur du robot serveuse de thé, et Wolfgang von Kempelen (1734-1804) ont réalisé des automates anthropomorphes réalistes.

Mais c’est au XVIIIe siècle que l’automate de Jacques Vaucanson  représenté par un canard constitua l’illustration la plus poignante d’un être artificiel simulant presqu’à la perfection le comportement d’un être-vivant.

Au XIXe siècle, les œuvres de fiction telles que Frankenstein de Mary Shelley, Rossum’s Universal Robots de Karel Čapek et Darwin among the Machines de Samuel Butler, évoquent déjà l’idée d’hommes artificiels et de machines pensantes.

Les précurseurs de l’IA moderne

L’Intelligence Artificielle dans sa version moderne est l’initiative de philosophes classiques comme Leibniz avec son calculus ratiocinatore qui ont comparé le processus de la pensée humaine à une manipulation mécanique de symboles.

Leibniz avec son calculus ratiocinatore

Les automates Jaquet-Droz, la musicienne, le dessinateur et l’écrivain, trois pièces fabriquées entre 1767 et 1774, peuvent être considérés comme des ancêtres éloignés des robots modernes.

A l’orée du XXe siècle, Charles Babbage élabore la machine à calculer programmable (machine analytique), sans pouvoir la construire. Dans son sillage, Ada Lovelace admet que la machine est capable de « composer des pièces de musique élaborées et scientifiques, de toute complexité et de toute longueur».

Cette pensée a conduit dans les années 1940 à l’invention de l’ordinateur programmable, qui va inspirer l’idée d’un « cerveau électronique ».
Les premiers ordinateurs modernes sont les machines massives de cryptanalyse de la Seconde Guerre mondiale (Projet Enigma Colossus, Z3, l’ENIAC, etc.) conçues à partir des théories d’Alan Turing et de John von Neumann.

Par la suite, de nombreux scientifiques vont envisager sérieusement de créer un cerveau artificiel, un projet érigé en discipline académique dès 1956.