D’après une étude PWC, près de 2 personnes sur 3 pensent aujourd’hui que l’intelligence artificielle peut offrir une meilleure expérience « one-to-one » et il apparaît que de moins en moins de personnes s’attachent au fait que cette expérience provienne d’un rapport avec un robot plutôt qu’avec un humain.

Acheter une nouvelle maison sur les conseil d’un vendeur virtuel ? Visiter l’investissement d’une vie en suivant les recommandations d’un robot ? Impossible, même inimaginable, me direz-vous.

Acheter sur internet sans l’aide d’un vendeur ou me diriger vers les « caisses rapides » du supermarché, ne souhaitant pas attendre une demi-heure que cette sympathique famille vide son caddie ? Mon quotidien, et celui de beaucoup d’autres personnes dans le monde aujourd’hui.

Nous nous sommes adaptés à la vente virtuelle (du web à l’épicerie supermarché), qui nous parait aujourd’hui normale et très pratique.

Ce changement, qui contraste avec des siècles d’échange entre vendeur et acheteur, est-il voué à couvrir tous les secteurs ? Les vendeurs virtuels vont-ils envahir chaque recoin de nos achats ?

L’agent conversationnel vendeur: notre allié…pour consommer

Le vendeur, que ce soit agent immobilier, conseillère client dans les grands magasins ou encore notre boucher, cherche à nous aiguiller et nous convaincre. Il est notre allié, mais pas seulement.

En effet, le but du vendeur, par définition, est de vendre. Mais un bon vendeur doit remplir ce but sans que son interlocuteur ne s’en rende compte : il se présente alors comme un conseiller, qui déniche la perle pour nous. En dehors des supermarchés où nous savons ce que nous voulons et où le trouver, vendre nécessite un jeu habile, entre persuasion et adaptation aux souhaits du client.

Ce savoir-faire humain peut-il être remplacé par une machine ? Si il est possible aujourd’hui de parler à un ordinateur via un agent conversationnel, les machine learning et autres techniques d’IA objets de multiples recherches sont-ils suffisants pour permettre à l’intelligence artificielle de nous aiguiller dans notre consommation ?

Vendeur virtuel : un avantage pour le client et … l’entreprise

De plus en plus d’emplois remplacés par les machines

L'intelligence du vendeur virtuel : un risque pour le vendeur réel ?

L’intelligence du vendeur virtuel : un risque pour le vendeur réel ?

La robotisation de notre économie, tout le monde en parle ! L’intelligence artificielle est la 3e révolution industrielle, qui va aussi révolutionner notre économie…et pourquoi pas notre mode de consommation ? Même si les manufactures sont les principales concernées par la robotisation de l’emploi, les services sont les prochains sur la liste. Pour l’instant, l’industrie de service est concernée pour les emplois composés de tâches répétitives : fabrication de pizza, plier le linge… Aux Etats-Unis, les investissements dans des robots pour remplacer les salariés se généralise. En effet, l’amortissement d’un robot équipé d’intelligence artificielle est plus attractif économiquement qu’un salarié, qu’il faut payer tous les mois, sans qu’il ne soit jamais « remboursé » intégralement. Dans la comptabilité, il est évident que cela finit, sur le long terme, par générer plus de profits. Et le but premier d’une entreprise n’est-il pas de générer un maximum de profit ?

Si remplacer nos salariés coûteux par des vendeurs virtuels permet de générer du profit, les entreprises se battront pour acquérir cette nouvelle technologie…quand elle aura été inventée !

L’IA d’aujourd’hui au service des vendeurs de demain …

Le traitement automatique du langage naturel est déjà dans nos quotidiens : lorsque j’indique à ma voiture ma destination, et la musique que je souhaite écouter en y allant, elle s’exécute et m’assure un voyage confortable. Si ma grand-mère est à côté de moi, elle sursaute et m’explique qu’il y a quelques décennies, avoir sa propre voiture était un exploit. Alors lui dicter la destination et l’ambiance souhaitée pour s’y rendre…impensable ! Cette compréhension par la machine de l’homme devra s’accompagner d’une réponse, pour ne pas avoir en face de nous un vendeur virtuel muet. Le chatbot conversationnel fait des progrès de jour en jour, et pourrait permettre un jour de virtualiser nos vendeurs. Si le « Speech to Text » est dans le futur proche des chatbot, alors l’intégrer dans un petit personnage motorisé qui nous aiguillerait dans les magasins semble presque simple comme bonjour.

Le plus grand challenge pour les entreprises sera de retrouver la performance humaine que l’on inculque aux vendeurs, à travers des formations et de l’expérience. Le machine learning sera-t-il suffisant pour inculquer sensibilité et tacts à l’intelligence artificielle ? En éduquant nos futurs vendeurs, il est possible de les faire progresser. Cela a déjà été fait, pour « Gordon » par exemple, qui a appris à trier et présenter les meilleurs articles disponibles sur la Fintech. Alors, lorsque la technologie aura formé des robots à la vente, il suffira de reproduire le programme ainsi créé pour faire des économies ! Le prix de la formation sera sans doute important, mais il ne faudra pas la reproduire pour chaque vendeur.

L’IA est en marche vers une nouvelle économie commerciale; nous avons aujourd’hui accès à des intelligences artificielles qui peuvent assimiler et apprendre : deux compétences essentielles aux vendeurs virtuels de demain.

… pour des ventes plus performantes

Qui n’a jamais ressenti un agacement lorsque le vendeur du magasin d’habillement se jette sur nous pour nous conseiller ce « pantalon

Le vendeur virtuel devenu super vendeur grâce à l'IA

Le vendeur virtuel devenu super vendeur grâce à l’IA

qui cacherait si bien nos petites poignées d’amour » … Un vendeur virtuel peut régler ce problème de deux façons distinctes. De manière évidente, il est possible de la programmer pour intervenir « sur demande ». Si cette option met de côté l’avantage relationnel du vendeur, le machine learning a une autre solution. En effet, les robots peuvent d’ores et déjà reconnaitre nos expressions faciales, et s’y adapter. Le vendeur virtuel saurait alors décrypter ce qui nous plait, si l’on souhaite faire nos achats en paix, et ainsi de suite. A cette performance de reconnaissance faciale s’ajoute les capacités de mémoire et de mesure de la technologie, qui seraient intégrées à nos nouveaux vendeurs. Un agent immobilier, par exemple, ne possède pas toujours toutes les informations demandées. Non seulement les vendeurs virtuels pourront être équipés de fonctions pour répondre aux questions, mais ils pourront aussi être équipés d’une mémoire à toute épreuve. DeepMind a déjà crée une IA dotée de mémoire, qui peut créer des relations complexes à partir de relations simples. Des vendeurs virtuels équipés de ce type d’intelligence artificielle sauront trier et choisir les produits à nous présenter, en fonction de ce qui nous a plu ou déplu par le passé. Ces facultés de reconnaissance faciale et mémoire croisée sont essentielles pour des vendeurs : si les vendeurs virtuels en sont équipés, les comparer à des vendeurs classiques ne relèvera plus que d’un calcul comptable…la révolution sera alors bel et bien en marche.

Les vendeurs virtuels … au service des entreprises, au détriment des autres

Les vendeurs virtuels … le plein chômage ?

Il n’est plus rare de croiser, au détour d’un surf internet, des sites vous permettant de connaitre la « date de péremption » de nos emplois, avant que des robots nous remplacent. Les vendeurs devraient disparaitre d’ici 2030. Si les vendeurs virtuels arrivent, à terme, à maitriser la technologie nécessaire pour ne plus simplement augmenter mais remplacer les vendeurs classiques, on peut croire à une révolution. En effet, les vendeurs qui constituent la base du commerce, représentent une partie importante des emplois en France et dans le monde. Le peuple se soulèvera contre les entreprises désireuses de profit quitte à affamer les travailleurs ne possédant pas les compétences nécessaires pour un emploi hautement qualifié…pas sûr. Malgré la présence inévitable de contestataires, comme avec tout changement de l’emploi, l’essor des vendeurs virtuels pourrait laisser plus de temps libre aux travailleurs. Les vendeurs virtuels, accompagnés de politiques mettant l’IA au service de la population, pourraient révolutionner l’équilibre travail / vie de famille voire spirituelle, au profit des vendeurs classiques.

Le détracteur des vendeurs virtuels … l’absence de contact humain.

Les vendeurs d’aujourd’hui, augmentés par la technologie de demain

Les vendeurs d’aujourd’hui, augmentés par la technologie de demain

Se faire conseiller par un robot ? Une expérience d’achat qui devient triste, où l’on perd le contact humain. C’est l’avis de beaucoup de consommateurs (même si les chiffres de PWC semblent indiquer…tout le contraire), qui s’étonnaient de ne plus pouvoir discuter avec la caissière, remplacée par une « caisse rapide ». Ce contact humain est la bête noire des vendeurs virtuels : aussi intelligents soient-ils, ils ne pourront pas remplacer de vraies personnes, en chair et en os. Ainsi est-il possible que, dans le commerce de demain, tous les vendeurs ne soient pas remplacés mais simplement augmentés. Tout comme les caisses rapides sont appuyées par une vendeuse et les agents immobiliers par une tablette contenant les données sur le bien à visiter, nous pouvons imaginer le commerce augmenté par l’intelligence artificielle. Un tandem homme-machine sera essentielle pour convaincre les consommateurs les plus récalcitrants. 

Vendeurs virtuels: un avantage économique, à adapter aux envies des consommateurs

Le monde commercial ne peut que bénéficier de vendeurs virtuels : meilleure profitabilité pour les entreprises, expérience maximisée pour le consommateur. Cette transition doit être maitrisée pour ne pas engendrer une baisse du pouvoir d’achat, ou une révolte contre le manque de contact humain. Avec les progrès de l’intelligence artificielle, qui optimisera le dialogue homme-machine, les entreprises et les consommateurs ont devant eux un potentiel immense.

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