Qui aurait pu penser au début du XVIIIe siècle que l’électricité serait aussi indispensable qu’à l’heure actuelle ? Cela vous prend-t-il souvent de vous éclairer à la bougie le soir, histoire de vous convaincre que finalement, on s’en passerait bien ? Allons bon, rendons-nous à l’évidence : on ne vit plus sans électricité et pour cause, les pannes intempestives nous font nous cogner la tête contre nos murs !

Dans ses Etudes sur l’économie politique, volume 2 (1837), l’économiste suisse Jean de Sismondi écrivait :

« Le but de la société humaine doit être le progrès des hommes, non celui des choses ».

La formule est centrale : le progrès technique doit fatalement s’accompagner d’un progrès de l’homme puisqu’il est sa raison même d’existence. Or, avec la dynamique nouvelle de l’intelligence artificielle, c’est tout un pan de ce qui nous définit comme homme qui est chamboulé. A tel point que l’on est en droit de se demander si c’est la technique qui améliore l’homme ou l’homme qui améliore la technique !

De l’andréide de L’Isle-Adam à I-Robot contre Will Smith, l’émergence d’une intelligence artificielle autonome renvoie à nos pires craintes et à nos plus grands espoirs en matière de compréhension humaine. Il n’est pas trop tôt pour se poser ce genre de questions au vu des avancées de l’intelligence artificielle : les robots, nos smartphones, les ordinateurs, les tablettes et autres appareils numériques, notre quotidien en général nous la renvoie systématiquement devant les yeux. Quand bien même on pourrait émettre des doutes sur la nécessité de Cortana ou de Siri, avouons que nous avons déjà tous gratifié le dernier de requêtes farfelues, seulement pour le plaisir d’avoir une réponse totalement inattendue de la part d’un téléphone… ou d’un téléphone qui se prend pour un humain face à un humain qui joue à être un téléphone ? Bref, ce qui est certain, c’est que toutes ces questions se posent avec plus d’acuité à mesure que l’intelligence artificielle se fraye une place dans nos vies.

Avis aux sceptiques : souvenez-vous de l’électricité !

Une méfiance toujours de mise….

Les interrogations sont nombreuses concernant le développement des technosciences. Il n’empêche que les avancées dans le domaine de l’intelligence artificielle sont tellement importantes qu’elles ne vont pas sans s’accompagner de critiques et pas des moindres puisque les pères de l’ère numérique eux-mêmes demandent un moratoire afin de prendre le temps de la réflexion sur les immenses possibilités qu’ouvrent de telles avancées. Ainsi, dans une lettre ouverte publiée le 27 juillet 2015 sur le site du Future of Life Institute, Elon Musk, le célèbre PDG du constructeur de voitures électriques Tesla et de SpaceX, l’astrophysicien britannique Stephen Hawking et le cofondateur d’Apple Steve Wozniak, ont fait part de leur inquiétude sur les avancées dans le domaine de la robotique appliquée à l’ingénierie militaire : les « robots tueurs » capables « de sélectionner et de combattre des cibles sans intervention humaine ». Elon Musk avait notamment fait parler de lui récemment lorsqu’il avait affirmé son intention de financer des projets de recherche dans le domaine de la prévention de l’intelligence artificielle. Il avait alors accordé 10 millions de dollars au Future of Life Institute qui sélectionna 37 équipes de recherche parmi 300 candidates afin de répondre à un objectif commun : « garder l’IA fiable et bénéfique ». C’est donc que l’enjeu est de taille et pas nécessairement acquis.

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A l’évidence, certaines craintes sont fondées notamment au niveau social où fait rage le débat bien connu du remplacement des humains par les robots ou d’une perte d’autonomie de l’homme, lequel aurait tendance à se reposer un peu trop sur l’intelligence artificielle.

Nous avons tous un membre de la famille qui grimace lorsque l’on sort une machine pour effectuer un calcul qu’il s’efforcera lui de faire de tête…

…ne rime pas avec une mauvaise foi de marquise

Toujours est-il que la calculatrice se révèle d’une grande utilité en maintes situations et que son usage a permis de se concentrer sur des résolutions de problèmes plus pointus. Le gain de temps est considérable, force est de l’admettre. Les mythes de Prométhée, Faust ou encore Frankenstein recoupent largement ceux de la technoscience, et sont révélateurs d’une double attitude de méfiance et de défiance du public par rapport à la science : adulation d’une science remède à tout et porteuse de progrès, mais méfiance envers les vertiges qu’elle suscite et les risques encourus en cas d’absence de limites que l’on pourrait rapidement qualifier d’éthiques. Heureusement que nous nous posons des questions et que nous gardons une attitude un peu inquiète bénéfique afin d’être lucide sur le progrès, surtout lorsqu’il est aussi impressionnant que l’intelligence artificielle qui semble directement concurrencer l’humain. En effet, l’évolution de l’intelligence artificielle est la cause de suppression d’emplois, mais qui a dit qu’elle ne pouvait pas en créer de nouveaux ? Méfions-nous du décret trop dogmatique selon lequel le progrès se fait au détriment de l’humain car il ne faut pas oublier que c’est bien l’homme qui en est à l’origine…

Se poser des questions n’implique pas seulement de remettre en cause, cela permet aussi d’avancer mieux, même si des doutes persistent. Alors plutôt que de faire de la résistance stérile, soyons souples et lucides : en 2025, on ne se passera plus de l’intelligence artificielle et après tout, pourquoi pas ?

L’Intelligence Artificielle n’est pas superficielle !

Est-il encore besoin de le prouver ?

Par intelligence artificielle, on entend les procédés techniques qui visent à reproduire l’intelligence humaine au sein d’une machine, La définition étant elle-même large puisque le terme intelligence est difficile à circonscrire (voir la définition que nous en donnions ici). En effet, alors que certains pensent que l’intelligence humaine est tout à fait reproductible, d’autres prétendent qu’une intelligence est propre au cerveau dont elle est le siège, l’intelligence humaine étant alors une parmi tant d’autres, simplement dotée d’une perfection inédite. Bon, et après ?

On ne peut nier certaines performances de l’IA : dans le domaine militaire, elle aide à la décision, elle devient nécessaire en médecine à travers les systèmes experts d’aide au diagnostic, dans le domaine des finances elle peut gérer des fonds de façon autonome, etc. Plein d’autres sont encore à venir comme le parfait robot ménager, mais aussi dans ce qui existe déjà comme le perfectionnement des GPS ou des machines spatiales. On le voit bien, aussi bien dans le quotidien que pour les grandes découvertes, l’IA devient de plus en plus indispensable à mesure qu’elle se perfectionne et admettre que l’on ne se passe plus d’un GPS ne signifie pas que l’on en est dépendant, mais indique que le côté pratique de cet engin est maintenant intégré à nos habitudes. Finalement, il y a comme une question de point de vue dans tout cela n’est-ce pas ? Mais sus aux relativistes ! Il ne s’agit pas de dire que finalement tout s’équivaut, mais d’adapter au mieux notre vison du monde face à ses mutations.

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Miroir, mon beau miroir…

Dis-moi qui est le plus fort ! Les évolutions fulgurantes de l’IA notamment dans le domaine des jeux, permettent à l’homme de trouver un alter techno réellement à sa mesure ! Pensons à l’exemple des jeux d’échecs où finalement, l’homme ne peut parer certains coups parce qu’ils sont finalement assez impropres à l’humain. L’Intelligence artificielle peut aussi se poser comme un miroir de l’humanité où elle peut contempler ce qui lui ressemble et ce qui n’est pas elle. Pour ou contre l’IA, le débat n’est plus là, il faut admettre que ce reflet qui est à notre disposition ne peut qu’être de plus en plus utile, et ce serait folie que d’y renoncer ! A moins d’avoir un vilain bouton au milieu du front ou des méchantes cernes sous les yeux, avouez que l’on se regarde dans un miroir presque par réflexe, tout comme on appuie sur l’interrupteur en arrivant dans une pièce sombre. Alors si l’intelligence artificielle permet à l’humain d’affiner ses compétences, de se dépasser et de mieux s’interroger, pourquoi s’acharner à lui refuser une place plus importante ? Cela aurait autant de sens qu’allumer un feu en appartement pour faire cuire son bifteck…

Alors n’ayons pas peur de le dire : finalement, les avancées dans le domaine de l’intelligence artificielle comportent bien plus de promesses que de dangers. L’intelligence artificielle n’est rien d’autre que l’aboutissement de la croissance exponentielle des technologies cognitives qui, comme le démontre la loi de Moore, ne semblent pas prêtes de s’arrêter. A quoi bon avoir peur, mieux vaut rêver !

 

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